Partage d’une itinérance douce en bikepacking à cheval entre Ardèche et Haute-Loire. Cela faisait longtemps que j’attendais ce weekend de pâques et ses 3 jours pour aller faire prendre l’air à mon Gravel trop longtemps laissé accroché au mur de mon appartement.

Le départ en train est donné de Lyon à 9h20 le samedi avec Julien mon ami d’aventures de toujours. On se rend vite compte qu’on a oublié qu’aujourd’hui c’est aussi un départ de vacances. Le train pour Avignon déborde. Je n’ai jamais vu autant de passagers (avec vélo ou non) sur le quai. On arrive tout juste à rentrer dans le train avec nos vélos. Ça passe tout juste pour nous, ouf, le contrôleur en refuse 5 sur le quai derrière nous… Je fais le compte rapidement, on est 13 vélos sur la plateforme prévue pour une capacité de 6. Des voyageurs debout dans les couloirs et le contrôleur qui nous prend en photo pour son rapport en nous avouant que tous les ans c’est la même… Le trajet va être sport mais heureusement tout le monde a le sourire (sous son masque). À choisir, je préfère quand même être ici que dans une voiture pare-chocs contre pare-chocs sur l’autoroute qu’on double juste à côté.

Arrivé à Saint-Vallier sur Rhône, le monde s’ouvre à nous ! L’itinéraire commence par remonter le Rhône pour gentiment nous faire rentrer dans le massif de l’Ardèche au niveau de la ville d’Annonay. Pour remonter cette belle vallée de La Cance jusqu’à Saint Bonnet le Froid, plusieurs options sont possibles. Notre choix sera un mixte entre piste VTT (la fameuse Grande Traversée d’Ardèche) et routes secondaires à mi-pente de la vallée (parcours cycliste de l’Ardéchoise). La remonté nous prend l’après-midi avec une halte sieste au petit hameau perché de Monestier et la dernière section pour rejoindre le col des Baraques par une route forestière. Les 100 derniers mètres se font en poussant le vélo. Quand les cailloux sont plus gros que le poing, c’est plus du Gravel ! Le bivouac se fait sur ce plateau du Mézenc, savante alchimie entre prairies verdoyantes pour planter les tentes confortablement et lisières de sapins pour s’abriter du vent du nord bien présent en cette fin de journée.

Le village tout proche porte bien son nom. Il a fait froid cette fin de nuit, l’herbe en porte encore les marques gelées quand nous sortons des tentes à 7h50. Le ciel annonce une journée magnifique ! Hop hop, en selle pour découvrir ce plateau et nous réchauffer. Le matin on se sent pousser des ailes alors on continue sur cette fameuse GTA qui suit une ligne de crête. Mais faute de constater, qu’à midi sonnante et trébuchante on est que 20 km plus loin au lac de Devesset, une décision s’impose ! Direction les jolies petites départementales secondaires qui sillonnent le plateau sur un massif volcanique en toile fond. Que c’est beau ! La fin de journée s’approche, après une glace bien méritée au village de Fay sur Lignon (on vous laisse choisir la prononciation) on se dirige sur le bord du plateau pour viser un bivouac *****. On trouve notre bonheur à côté du petit village de Saint Clément et de son école du vent. Surement le coup de cœur de ce weekend, c’est splendide ! À l’Est, au loin, on devine les crêtes calcaires du massif du Vercors avec son Grand Veymont et à l’Ouest les monts volcaniques du Mézenc et du mont Gerbier de Jonc, source de la Loire.

Les lumières de l’aube me sortent de la tente à 6h du matin. J’ai une heure pour m’en imprégner avant que le soleil nous inonde de sa présence. Je me sens juste bien, au bon endroit au bon moment ! Encore une belle journée devant nous. 80 km pour redescendre les 1200 m d’altitude du plateau jusqu’à la vallée du Rhône. Les 10 premiers kilomètres commencent à flan de piliers basaltiques pour se terminer à Saint-Martin de Valamas, début de la Dolce Via. Que cette vallée est paisible, on s’y sent tout de suite bien. Il ne nous reste plus qu’à nous laisser couler le long de cette voie verte pour redescendre l’Eyrieux et se faire progressivement envelopper d’une douce chaleur. Je m’imprègne de chaque kilomètre de cette descente entre méandre et terrasses à flanc de vallée. La vallée du Rhône plus industrielle me sort de ma rêverie. C’est déjà la fin ? on dirait bien. Direction la gare de Livron pour se laisser le temps, le temps d’une berceuse ferroviaire, de se remémorer chaque kilomètre parcouru de cette belle aventure.

À très vite douce France.

2 réponses sur “Dolce Mézenc”

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